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Coin réflexion

Boukaram

Le pouvoir anti-cancer des émotions

Dr.Christian Boukaram / Paru en 2011 aux Éditions de l’homme, le livre du radio-oncologue et chef de radio chirurgie à l’hôpital Maisonneuve Rosemont continue de soulever des passions.

L’oncologie intégrative, qu’il nous présente, est une approche globale du traitement du cancer.  Celle-ci utilise, en plus des techniques médicales de pointe, le recours à des soins parallèles tels que le yoga, le tai chi, l’hypnose et la méditation, la gestion des émotions, pour améliorer la qualité de vie du patient.
Selon lui, les émotions refoulées entrainent un stress chronique pouvant contribuer à alimenter le cancer. En apprenant à gérer ses émotions, le patient peut vivre cette étape difficile de façon plus sereine et ainsi améliorer ses chances de survie. Loin de propager une pensée positive à tout prix, la lecture attentive du livre nous apprend tout le contraire en s’appuyant sur la base d’une théorie médicale appliquée depuis plus de dix ans dans un nombre croissant d’hôpitaux tant aux États-Unis qu’en Europe.

Tous mortels

Cela peut paraître étonnant, mais de nombreuses personnes attendent d’être malades ou de recevoir des soins palliatifs pour réfléchir à leur mort. Nous vivons dans une société où ce sujet est encore tabou et ou certains n’osent même pas prononcer le mot cancer de peur de l’attraper!  Souvenez-vous… on parlait d’indigestion aiguë au lieu d’une crise cardiaque. Pour Dr Boukaran, il est nécessaire de penser souvent à la mort, l’apprivoiser, s’y préparer : on évite ainsi de perdre son temps à des projets futiles.  Devant la mort, nous sommes tous égaux… mais nous ne sommes pas tous sereins.

Les récentes découvertes de la physique quantique, montrent que toute créature est énergie.  Tout ce qui existe est de l’énergie organisée maintenue dans un état d’équilibre.  La maladie arrive quand l’équilibre est rompu.    Ainsi en canalisant son énergie – et les émotions en font partie – on peut choisir de vivre en paix, d’abord avec soi-même et par conséquent avec les autres.

L’oncologue affirme qu’en ayant une bonne hygiène de vie, en mangeant des aliments sains, en fuyant les pensées noires – celles qu’on rumine –, on peut atteindre une paix intérieure nécessaire pour faire face aux aléas de la vie.  Ne pas porter le monde sur ses épaules, se pardonner de ne pas être parfait comme on le voudrait, pardonner aussi à ceux qui nous ont fait du mal… voilà autant d’attitudes à développer. Cesser de tout voir comme une punition (cancer, décès, accidents, etc.) ou un échec, aide à ne pas trop prendre au sérieux ces aléas de la vie et donne plus de force pour passer au travers même si parfois il est possible que l’on en meurt.

Nous vivons tous des pertes, des ruptures, des deuils au cours de notre vie; l’important est de les accepter afin de s’en servir pour grandir.  Un stress prolongé signifie peut-être qu’il est nécessaire de revoir sa façon de gérer ses obligations. Sait-on dire non aux demandes exagérées des autres ?  Donne-t-on priorité à l’essentiel ?  Les émotions, comme la colère ou la culpabilité, peuvent être saines si elles nous permettent de réparer une injustice commise envers soi-même ou envers autrui. La tristesse nous indique possiblement que nous avons un deuil à faire.  Tant qu’à elle, l’ennui peut nous inciter à repousser ses limites, à relever de nouveaux défis; la solitude peut nous pousser à nous ouvrir aux autres, à rechercher leur soutien.  À chacun de trouver la paix à sa manière !

 Inspiré d’un article paru dans Le Bel âge, octobre 2013.

Les mots exacts pour le dire

Je vous en prie, ne me demandez pas si j’ai réussi à le surmonter,
Je ne le surmonterai  jamais.
Je vous en prie, ne me dites pas qu’il est mieux là où il est maintenant,
Il n’est pas ici auprès de moi.
Je vous en prie, ne me dites pas qu’il ne souffre plus,
Je n’ai toujours pas accepté qu’il ait dû souffrir.
Je vous en prie, ne me dites pas que vous savez ce que je ressens,
À moins que vous aussi, vous ayez perdu un enfant.
Je vous en prie ne me demandez pas de guérir,
Le deuil n’est pas une maladie dont on peut se débarrasser.
Je vous en prie, ne me dites pas
«Au moins vous l’avez eu pendant tel nombre d’années»
Selon vous, à quel âge votre enfant devrait-il mourir?
Je vous en prie, ne me dites pas
Que Dieu n’inflige pas plus que ce que l’homme peut supporter
Je vous en prie, dites-moi seulement que vous êtes désolés
Je vous en prie, dites-moi simplement que vous vous souvenez de mon enfant,
Si vous vous rappelez de lui.
Je vous en prie, laissez-moi simplement parler de mon enfant.
Je vous en prie, mentionnez le nom de mon enfant
Je vous en prie, laissez-moi simplement pleurer.
Rita Moran

Le Bol de bois

Un vieil homme tout frêle alla vivre avec son fils, sa bru et son petit-fils de quatre ans. La main du vieil homme tremblait, sa vue était embrouillée et sa démarche vacillante.  La famille mangeait ensemble à la table.  Mais, le vieux grand-papa éprouvait de la difficulté à manger.  Les petits pois glissaient de sa cuillère et tombaient sur le plancher.  Quand il prenait son verre de lait, il le renversait sur la nappe. Le fils et son épouse étaient irrités par le gâchis.  Le fils affirmait : « On devrait faire quelque chose à propos de papa, j’en ai marre du lait renversé, du bruit qu’il fait en mangeant et de la nourriture sur le plancher ».  Alors, avec son épouse, il installa une table dans un coin de la cuisine. Là, le grand-père mangeait seul pendant que la famille prenait le repas.  Étant donné que le vieil homme avait brisé de la vaisselle, sa nourriture était servie dans un bol de bois. Quand la famille jetait un coup d’œil en direction de grand-papa, il leur arrivait de voir une larme glisser sur la joue du vieil homme pendant qu’il était assis tout seul. Malgré tout, ils continuaient à maugréer contre lui lorsqu’il échappait sa fourchette ou sa nourriture. Le petit-fils observait tout en silence. Un soir, avant le souper, le papa remarqua son fils qui jouait avec des morceaux de bois qui jonchaient le plancher.  Il lui demanda gentiment : « Que fabriques-tu? »  Tout aussi gentiment le petit garçon répondit : « Oh! Je fais un petit bol pour toi et maman pour que vous mangiez votre nourriture lorsque je serai plus grand. » Le petit garçon sourit et continua son travail. Ces mots eurent l’effet d’une bombe sur les parents qui devinrent silencieux.  Des larmes commencèrent à ruisseler le long de leurs joues…  sans dire un mot, ils surent ce qu’ils devaient faire. Ce soir-là, le fils prit la main de son père pour le ramener gentiment à la table familiale. Pour le reste de ses jours, il mangea tous ses repas avec la famille.  Et pour quelque raison, ni le fils, ni son épouse ne firent de cas quand il échappa sa fourchette, renversa du lait ou salit la nappe. Auteur: Giovanni Pascoli   

 La tombe est un berceau

Érudit, écrivain, humoriste québécois, homme engagé socialement, Doris Lussier s’est surtout fait connaître au Québec par son personnage comique du « Père Gédéon » à la télévision.  Derrière son large sourire, se cachait un esprit profond et en recherche, un homme de conviction. Voici comment il envisageait sa propre mort.

Je n’ai qu’une toute petite foi naturelle, fragile, vacillante, bougonneuse et toujours inquiète.  Une foi qui ressemble bien plus à une espérance qu’à une certitude. Mais voyez-vous, à la courte lumière de ma faible raison, il m’apparaît irrationnel, absurde, injuste et contradictoire que la vie humaine ne soit qu’un insignifiant passage de quelques centaines de jours sur cette terre ingrate et somptueuse. Il me semble impensable que la vie, une fois commencée, se termine bêtement par une triste dissolution dans la matière, et que l’âme, comme une splendeur éphémère, sombre dans le néant  après avoir inutilement été le lieu spirituel et sensible de si prodigieuses clartés, de si riches espérances et de si douces affections.  Il me parait répugner  à la raison de l’homme autant qu’à la providence de Dieu que l’existence ne soit que temporelle et qu’un être humain n’ait pas plus de valeur et d’autre destin qu’un caillou.

J’ai déjà vécu beaucoup plus que la moitié de ma vie;  je sais que je suis sur l’autre versant des cimes et que j’ai plus de passé que d’avenir.  Alors j’ai sagement apprivoisé l’idée de ma mort.  Je l’ai domestiquée et j’en ai fait ma compagne si quotidienne qu’elle ne m’effraie plus … ou presque.  Au contraire, elle va jusqu’à m’inspirer des pensées de joie. On dirait que la mort m’apprend à vivre. Si bien que j’en suis venu à penser que la vraie mort, ce n’est pas mourir, c’est perdre sa raison de vivre. Et bientôt, quand ce sera mon tour de monter derrière les étoiles, et de passer de l’autre côté du mystère, je saurai alors quelle était ma raison de vivre. Pas avant ! Mourir, c’est savoir, enfin!  Sans l’espérance, non seulement la mort n’a plus de sens, mais la vie non plus n’en a pas.  Ce que je trouve beau dans le destin humain, malgré son apparente cruauté, c’est que, pour moi, mourir, ce n’est pas finir, c’est continuer autrement. Un être humain qui s’éteint, ce n’est pas un mortel qui finit, c’est un immortel qui commence.

La tombe est un berceau. Mourir au monde, c’est naître à l’éternité.  Car la mort n’est que la porte noire qui s’ouvre sur la lumière.  La mort ne peut pas tuer ce qui ne meurt pas. Or notre âme est immortelle.  Il n’y a qu’une chose qui peut justifier la mort … c’est l’immortalité !  Mourir, au fond, c’est peut-être aussi beau que de naître. Est-ce que le soleil couchant n’est pas aussi beau que le soleil levant ?  Un bateau qui arrive à bon port, n’est-ce pas un événement heureux ?  Et si naître n’est qu’une façon douloureuse d’accéder au bonheur de la vie,  pourquoi mourir ne serait-il pas qu’une façon douloureuse de devenir heureux ?
La plus jolie chose que j’ai lue sur la mort, c’est Victor Hugo qui l’a écrite. C’est un admirable chant d’espérance en même temps qu’un poème d’immortalité: « Je dis que le tombeau qui sur la mort se ferme… Ouvre le firmament. Et que ce qu’ici bas nous prenons pour le terme … est le commencement. »


Pensée du mois

« On t’accompagnera si tu trouves ta route. » Eugène Guillevic

« Accompagner quelqu’un, c’est se placer ni devant, ni derrière, ni à la place. C’est être à côté. » Joseph Templier

 

 


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